Business Notes No 37

A.   CONJONCTURE : RALENTISSEMENT MONDIAL

1.    Le tassement de l’activité économique se poursuit. Au niveau mondial, la série des taux de croissance de 2010 à 2012,  soit + 5,1 %, + 3,8 %, + 3,2 %, montre bien la tendance au plafonnement de la croissance. Heureusement pour 2013 on peut espérer un léger redressement à + 3,5 %. Les deux grandes zones économiques mondiales, USA et Europe sont, malheureusement,  celles qui sont les plus fragiles et qui déçoivent le plus.

2.    Les USA peuvent cependant espérer approcher + 2 %, tandis que la Zone euro restera proche de zéro. L’Allemagne stagnera à +1 % mais la France n’atteindra au mieux que  + 0,5 %. La Belgique, les Pays-Bas et le Royaume–Uni resteront proches de 0 %. L’Espagne, l’Italie et le Portugal stagneront aux environs de – 1 %. La Grèce restera en récession à – 5 %. L’Asie et l’Amérique du Sud connaîtront des croissances plus favorables avec + 8 % pour la Chine, + 6 % pour l’Inde, + 4 % pour le Brésil.

 

B.   MAINTENIR OU ASSOUPLIR LES EFFORTS BUDGETAIRES DES ETATS ? 

1.    Tout déficit budgétaire « courant » (recettes de fonctionnement hors emprunts < dépenses de fonctionnement hors intérêts et remboursement d’emprunts) génère automatiquement l’obligation d’emprunter pour équilibrer le budget. Cela crée des dettes nouvelles qu’il faudra un jour honorer et des intérêts qu’il faudra payer. SI l’emprunt sert à réaliser une dépense qui correspond à un investissement générateur de recettes nouvelles supérieures aux annuités de l’emprunt (remboursement du capital emprunté + paiement des intérêts) et des dépenses d’entretien de l’investissement, ALORS le projet est justifié. Par contre, un emprunt destiné à financer des dépenses de fonctionnement non couvertes par des recettes de fonctionnement représente un excès de consommation actuelle sur les revenus actuels et hypothèque les revenus futurs. Ceci est vrai pour les ménages, pour les entreprises (privées ou publiques), pour les communes, les régions et bien entendu les Etats.

2.    Après dix ans de laisser-aller budgétaire financé par des emprunts faciles à taux d’intérêt faible, permis par l’euro, les gouvernements semblent avoir vraiment compris l’urgence de pratiquer une  rigueur budgétaire. L’Allemagne, le FMI, l’UE, la BCE et les marchés financiers ont dû batailler ferme pour que l’idée soit acceptée. Le Pacte de stabilité et de croissance (1997) signé avant la création de l’euro n’a pas suffit pour faire respecter les règles de l’équilibre financier et il a fallu le durcir en 2011 puis le compléter pour la Zone euro en 2012 par le Traité budgétaire (ou TSGC) qui introduit la règle d’or de limitation du déficit structurel à 0,5 % du PIB. Ce traité entre en application au 1er janvier 2013. La Commission européenne pourra sanctionner les Etats dont les déséquilibres financiers seraient persistants.

3.    Réduire les dépenses et augmenter les recettes publiques pour diminuer à court-terme les déficits budgétaires est pénible pour les populations. Ce n’est malheureusement qu’ensuite, et en maintenant la rigueur, que les Etats pourront commencer à combler les dettes publiques « abyssales », qu’ils ont créées, pour les ramener à moins de 60 % de leur PIB. La pression sociale ne peut donc que s’amplifier partout, d’autant plus que rééquilibrer les comptes publics conduit à stabiliser ou réduire les revenus des populations. Cela provoque évidemment une faiblesse de la demande laquelle est encore réduite par le mouvement naturel de croissance de l’épargne de sécurité des ménages. Corollaires d’une demande molle : la morosité dans les entreprises en général et la faillite des entreprises qui étaient déjà en manque de liquidité et de solvabilité, gonflement du chômage qui génère lui-même une absence de croissance et donc une difficulté supplémentaire pour rééquilibrer les budgets et ainsi de suite. Cette spirale dite « déflationniste », même si l’inflation est proche de 3 %, mettra du temps à se résorber.

4.    C’est là qu’interviennent les réflexions de nombreux politiques et économistes qui veulent « donner du temps au temps ». Il s’agirait « d’assouplir » les mesures d’assainissement des finances publiques, de ne pas vouloir atteindre rapidement l’équilibre budgétaire afin de ne pas pénaliser la croissance car réduire de 1 % du PIB le déficit public entraîne, aujourd’hui, une chute de 1,5 % de ce PIB. Réduire légèrement la rigueur budgétaire ne créerait pas un boom de croissance et les déficits continueraient à gonfler la dette publique et les coûts d’intérêts. Il n’empêche que les économistes du FMI considèrent que la faiblesse actuelle de l’activité économique mondiale mériterait que les pays européens les plus rigoureux en matière de redressement de leurs finances publiques ajustent leurs budgets de manière plus graduelle et donc politiquement plus soutenable.

 

C.   COMPETITIVITE, BALANCE COMMERCIALE ET TVA SOCIALE 

1.    L’Europe a compris que sa désindustrialisation n’était pas tenable à long terme. Seule l’industrie peut fournir un emploi correct aux travailleurs les moins qualifiés. Or, ce sont ces travailleurs qui forment la majorité des demandeurs d’emploi. Il faut donc éviter au maximum les délocalisations et aider l’industrie européenne à devenir plus compétitive vis-à-vis des produits industriels concurrents exportés par les pays non-européens à salaires bas.

2.    C’est aussi une question de Balance commerciale. Alors que l’Allemagne à un excédent commercial de 150 milliards d’euros, la France à un déficit commercial de 70 milliards et l’Espagne comme le Portugal doivent absolument redresser leurs exportations  (la Belgique est à l’équilibre, pour l’instant).

3.    Il existe un outil pour redresser rapidement la compétitivité européenne et donc la Balance commerciale. Il serait bon d’en profiter. C’est la TVA sociale, appelée encore « TVA anti-chômage » ou « TVA anti-délocalisation ». Le Danemark l’a appliquée en 1998, l’Allemagne en 2005 et la France l’avait votée pour application fin 2012 mais le nouveau gouvernement a fait annuler cette décision.

4.    Il s’agit de transférer une part des cotisations sociales « patronales » et « travailleurs » vers la TVA. Cela concerne les cotisations sociales qui assurent la « couverture sociale universelle » c’est-à-dire celles qui concernent la santé, les allocations familiales, le revenu d’insertion, etc. et qui profitent donc à toute la population. Les montants déduits du coût salarial seraient reportés sur la TVA par une augmentation de taux. Le coût de revient des entreprises diminuerait puisque le coût salarial serait réduit. Le prix de vente HTVA serait aussi réduit mais le prix de vente TVAC au consommateur resterait le même. Par contre, le produit concurrent importé subirait le taux de TVA majoré et coûterait plus cher sur le marché intérieur. Au contraire, les produits nationaux exportés seraient vendus au prix de vente HTVA réduit et deviendraient donc plus concurrentiels sur le marché mondialisé. Enfin, les salaires nets croîtraient du montant des cotisations sociales « travailleurs» transférées vers la TVA. Le coût de la couverture sociale universelle passerait du Travail à la Consommation.

 

 

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