Business Notes No 38

A.   CONJONCTURE :  CROISSANCE MOLLE 

1.    Après deux ans de chute de son taux de croissance, l’activité économique mondiale va connaître une accélération progressive en2013 à + 3,5 %. Les deux grandes zones économiques mondiales, USA et Europe ont réussi à diminuer (mais pas à supprimer) les risques d’apparition d’une nouvelle crise liée à leurs déficits budgétaires récurrents et à leurs dettes publiques croissantes (USA = déficit annuel 1.000 milliards de $ et dette publique 16.000 milliards de $, déficit supplémentaire journalier 3 milliards de $, 125 millions de $ à l’heure, beaucoup de travail pour le gouvernement Obama).

2.    Si les USA et le Canada peuvent espérer + 2 % de croissance, la Zone euro restera malheureusement proche de zéro comme en 2012, c’est-à-dire en stagnation.

3.    Les membres du cœur géographique de l’Europe restent bloqués dans une fourchette de croissance allant de + 0,5 % à – 0,5 % ce qui fait qu’aucun de ces pays (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Luxembourg) ne pourra servir de moteur de croissance pour l’ensemble de la Zone. A la périphérie de la Zone, Espagne, Italie et Portugal resteront en récession à – 2 %, tandis que la Grèce perdra encore 4 % de son PIB. Pour 2014, la croissance de la Zone euro devrait rester proche de + 1 %. Ce n’est pas avec ce faible taux de croissance que son taux de chômage de 12 % se résorbera significativement.

4.    Après sa chute de 2012, l’Asie bénéficiera d’une croissance de + 5 % en moyenne avec en particulier + 8 % pour la Chine et + 6 % pour l’Inde. Par contre, le Japon ne devrait croître que de + 1 %.   En Amérique latine, Brésil et Mexique croîtront de + 3 %.

 

B.   LUTTE COMMERCIALE ET MONETAIRE 

1.    Poussés par la Troïka (FMI, UE, BCE) des politiciens européens se sont courageusement (ceci écrit sans humour) attelés au problème. Fini le laxisme des dépenses non couvertes par l’impôt, fini les déficits budgétaires qui créaient du revenu pour leurs électeurs et réduisaient le revenu des générations futures, fini de s’endetter plus chaque jour, fini les dérapages salariaux systématiquement acceptés par les « états providence désargentés » alors qu’ils mettent les entreprises et par contrecoup les travailleurs en difficulté par rapport à la concurrence internationale. En cette matière, il convient de se rappeler régulièrement que le coût global de l’heure de travail est l’indicateur essentiel de compétitivité (Belgique champion : 41 €, France : 35 €, Allemagne et Pays-Bas : 32 €, Grande-Bretagne : 23 €, chiffres publiés par Eurostat).

2.    Réaction immédiate et logique de la population : face à la politique de rigueur, la population limite sa consommation courante, elle supprime les dépenses non indispensables, elle reporte les investissements ménagers, elle s’efforce de ne pas devoir emprunter, elle conserve la vieille voiture et roule moins, elle épargne par prudence. Pour de nombreux pays d’Europe où la consommation globale se faisait à crédit (privé et public) cette réduction de consommation était indispensable et favorable au rééquilibrage à moyen terme des comptes privés et publics, mais elle est difficile à comprendre, à accepter et à supporter pour ceux qui avaient l’habitude de voir leur rémunération, sinon leur pouvoir d’achat, augmenter plusieurs fois par an.

3.    Conséquences sur les entreprises et l’économie : avec une politique de rigueur budgétaire tous azimuts, la demande globale fléchit, l’activité économique se réduit, l’incertitude grandit, les carnets de commandes se vident, les capacités de production de biens et de services deviennent sous-utilisées (p. ex. acier, voitures, banques, machines de travaux publics, etc.), les bénéfices disparaissent et les pertes apparaissent. Les entreprises se restructurent pour ne pas disparaître et n’investissent plus qu’à cette occasion. En conséquence directe, les réductions d’emploi se multiplient de même que les faillites des entreprises les plus fragiles. Le PIB ne croît plus ou même recule. Les prix ont moins tendance à augmenter, le taux d’inflation se réduit. Pour les pays de la Zone euro, alors que la machine freine et que les finances publiques doivent être remises sur les rails, l’arme de la dévaluation compétitive n’existe plus. Il y a 20 ans, la France, l’Espagne et le Portugal, p. ex. auraient dévalué leurs monnaies nationales ce qui aurait provoqué un choc de compétitivité à l’exportation relançant instantanément la machine de la production et favorisant l’emploi. La population, en moyenne, n’aurait pas bien compris ni constaté la perte de son pouvoir d’achat découlant de la dévaluation, mais aurait vu l’emploi redémarrer rapidement. 

4.    Conséquences sur le commerce international et les taux de change : lorsque la demande européenne globale se tasse, c’est, avec les USA, le principal marché pour les exportations des pays asiatiques, qui se tasse. Ils doivent se battre pour exporter vers l’Europe car leur croissance faiblit. Les pays qui veulent exporter leurs productions peuvent faire des efforts de productivité et de réduction de leurs prix. C’est comme cela que commence la lutte. Pour l’Europe notamment, cela représente un avantage. Les prix plus faibles à l’importation feront chuter les prix de distribution en fonction de l’intensité de la concurrence.  Par contre, ce qui est moins drôle, c’est la lutte sur les taux de change des devises (dévaluation compétitive). Yuan (Chine) et yen (Japon) contre dollar (USA) et euro ; sans oublier dollar contre euro et livre sterling contre euro. On constate depuis plusieurs mois que tous les pays exportateurs vers l’Europe s’efforcent de sous-évaluer leurs monnaies par rapport à l’euro en amenant leurs banques centrales à pratiquer des taux d’intérêt à court terme de plus en plus proches de zéro et en généralisant les « assouplissements monétaires massifs (= QE = quantitative easing) ». Malheureusement, au dessus de 1,25 dollar pour 1 euro les exportations européennes sont bridées ce qui est mauvais pour la balance commerciale et pour l’emploi européen, y compris évidemment pour l’hôtellerie et le tourisme.       
 

C.   SOLVABILITE DES ETATS EUROPEENS ? 

1.    Les problèmes de trésorerie immédiate des Etats de la Zone euro ont été réglés par la baisse des taux d’intérêt de la BCE et la mise en oeuvre du FESF (Fonds européen de stabilité financière). La résolution des problèmes de trésorerie des Etats leur assure immédiatement un niveau de liquidité correct puisqu’ils peuvent faire face à leurs dettes qui viennent à échéance à court terme. C’est évidemment l’agenda des encaissements et des décaissements qui indique le niveau de liquidité, tout comme pour les entreprises ou les ménages.

2.    Par contre, la solvabilité d’un Etat est sa capacité potentielle globale et durable à honorer  ses engagements, ses dettes actuelles et potentielles (le marché va-t-il encore lui prêter ?). C'est une estimation réalisée dans une optique de durée ( sa capacité à long terme à rembourser ses dettes).. Les taux d’intérêts demandés par les marchés pour accepter d’acheter de nouvelles obligations et bons du trésor est un excellent outil de mesure de la solvabilité instantanée jugée par les investisseurs. Pour l’Europe, aujourd’hui, les taux sont bas. Le taux de croissance ou de recul du taux de la dette publique par rapport au PIB est un bon outil de mesure des efforts de redressement pratiqués par les pays en difficulté et  mesure bien le risque de l’investisseur.

 

 

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