Financement: entre dette et potentiel

Se faire financer c’est créer des dettes mais également du potentiel : explication

D'où vient le financement dont dispose actuellement votre entreprise ?  Qui a financé votre entreprise ? Quelles sont les sources que vous pourriez explorer, les "pistes" à suivre, pour découvrir et obtenir des financements nouveaux à l'intention de votre entreprise ?

La lecture séquentielle des rubriques du passif du bilan exprime notamment l'origine des financements utilisés par l'entreprise. Les passifs décrivent les différents crédits qui ont été utilisées pour pouvoir mettre à la disposition de l'entreprise, les actifs de tous types dont elle a besoin.

Il n'y a pas au bilan des financements qui soient encore utilisables. Tous sont utilisés. Notamment, les réserves, provisions et bénéfice reporté ne représentent pas comme certains le croient, des financements utilisables, mais sont des financements utilisés, c’est à dire des dettes.

Le bilan ne présente donc jamais d'éventuelles perspectives de financement. Un bilan ne comprend jamais rien de prévisionnel, mais donne l'état d'une réalité mesurée en valeurs comptable actuelles.

Classiquement, le financement s'acquiert. L’entreprise acquiert ses financements grâce à ses propriétaires et aux tiers. Ils lui ont accordé le crédit qu'elle a ensuite utilisé. C'est ce qui a donné naissance à ses dettes, à ses passifs.

Cependant, le financement peut aussi se créer. L'activité courante de l'entreprise, tant d'exploitation que financière, ainsi que des causes exceptionnelles, génèrent des résultats.  Au cours d'une période donnée, si le résultat est un bénéfice, il a créé un supplément de financement, des capitaux propres.  Si, par contre, le résultat est une perte, il a détruit une partie du financement préexistant.

On se rappellera ici que les comptes de produits et les comptes de charges, dans lesquels les comptables enregistrent les composantes de résultat, liées aux opérations de l'entreprise, ne sont que des sous-comptes des capitaux propres destinés, uniquement pour la durée de vie de l'exercice comptable en cours.

Si au cours d'une période comptable (mensuelle, trimestrielle, ..., annuelle), l'activité d'une entreprise génère, par facturations vers les clients plus de produits (donc une augmentation des capitaux propres), qu'elle n'entraîne de charges, donc des consommations, donc de diminution des capitaux propres, alors l'entreprise a généré plus de capitaux propres qu'elle n'en a détruit. Sa valeur comptable a augmenté et donc aussi ses passifs, donc ses financements.

Donc, l'entreprise, par le résultat bénéficiaire de son activité, se crée un financement nouveau.  Elle «s'autofinance». Dans le cas contraire, l'entreprise en perte, voit son financement par capitaux propres se réduire. Elle «s'autodéfinance».

Comme décrit plus haut les financements potentiels n'apparaissent jamais au bilan. Le principe de prudence appliqué en comptabilité sous-entend que seule soit présentée une situation en valeur comptable actuelle des biens, créances et dettes de l'entreprise et non des prévisions, des espoirs ou des potentialités. 

Une ouverture de crédit non utilisée, le capital autorisé (ex : le capital qui peut être émis), les lettres d'intention ou d'engagement des banquiers et fournisseurs correspondent à des financements potentiels.

S'ils n'apparaissent pas au bilan, ils n'en sont pas moins importants dans le cadre de la politique financière globale de l'entreprise. Souvent on les considèrera même comme essentiels lorsque l'entreprise est en phase de développement, même si le principe est de tout faire pour ne pas devoir les utiliser. Les commissions d'engagement, payées même si le crédit n'est pas utilisé, sont à considérer comme l’équivalent de charges d'assurance.

 

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